REWIND Séminaire final, Bruxelles le 8 avril 2025

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L’événement organisé par le CEC en collaboration avec le Comité économique et social européen (CESE) a rassemblé des experts, des décideurs politiques et des dirigeants de coopératives pour discuter du rôle des rachats d’entreprises par les travailleurs (WBOs) dans la promotion d’une économie européenne plus inclusive et plus résiliente.

Giuseppe Guerini, membre du CESE et président de CECOP-CICOPA, a donné le ton en soulignant le besoin urgent d’une stratégie industrielle européenne centrée sur l’inclusion et la paix. Il a souligné que les entreprises coopératives et d’économie sociale sont à la fois compétitives et essentielles pour l’avenir de l’Europe.

Sc’Opara a présenté REWIND, conçu pour soutenir les reprises de coopératives en donnant aux employés, aux employeurs et aux formateurs les outils et les connaissances nécessaires pour collaborer.

IDEC a parlé de la phase pilote, suscitant des discussions approfondies sur le leadership coopératif et la rétention des talents.

Speha Fresia a présenté une recherche menée dans six pays, identifiant les lacunes juridiques, les obstacles financiers et les disparités régionales, et proposant des recommandations claires, notamment en matière de gouvernance inclusive, d’éducation ciblée et de réforme juridique.

Les participants de plusieurs pays ont apporté des perspectives diverses

En France, un participant a souligné la nécessité d’impliquer les institutions financières et de faire évoluer les mentalités administratives à l’égard des organisations confessionnelles.

Un participant a expliqué qu’en Espagne, il existe une distinction juridique claire entre les coopératives et les entreprises sociales – où au moins 60 % des employés doivent être issus de groupes à risque – ce qui a conduit à une croissance significative dans des régions telles que la Catalogne et le Pays basque.

Un représentant d’un club de football coopératif irlandais a proposé des idées qui donnent à réfléchir : utiliser des services commerciaux partagés, introduire l’éducation coopérative dans les écoles et tirer parti des coopératives de crédit irlandaises pour financer les entreprises sociales.

Une chercheuse belge a souligné la différence entre une simple participation des travailleurs et une véritable démocratie au travail, où les employés sont copropriétaires et cogèrent activement l’entreprise.

Regards d’experts

Lors d’une session sur les meilleures pratiques, Matthieu Guary (Petra Patrimonia) ) a souligné que toutes les transmissions d’entreprises sont critiques, qu’elles soient traditionnelles ou par le biais de rachats d’entreprises par les travailleurs (WBO). Cependant, les rachats d’entreprises par les travailleurs posent des problèmes particuliers : la recherche de partenaires financiers et la sensibilisation des institutions. Selon M. Guary, la question centrale est celle de la formation – les travailleurs ont besoin de nouvelles compétences pour réussir en tant que propriétaires, et la plateforme REWIND aide déjà à définir ces compétences clés.

Margit Perko (Commission européenne, DG EMPL) a replacé les WBO dans le cadre du Plan d’action pour l’économie sociale de l’UE, en soulignant que si des pays comme l’Italie, l’Espagne et le Portugal disposent de cadres juridiques favorables, d’autres restent confrontés à l’insécurité juridique et à des coûts élevés. L’UE encourage l’apprentissage mutuel, les plateformes de partage des connaissances et les outils financiers comme la microfinance pour combler ces lacunes. Les WBOs sont particulièrement pertinents, alors que de nombreuses PME européennes sont confrontées à des enjeux de succession dans des économies vieillissantes.

Giuseppe Guerini s’est penché sur les 40 ans d’expérience de l’Italie avec les WBO dans le cadre de la loi Marcora, qui a conduit à 316 rachats, à la préservation de 11 000 emplois et à un taux de survie de 79 % après 10 ans. La clé de ce succès est CFI, une institution financière coopérative. M. Guerini a présenté une méthode en cinq étapes : diagnostic de la crise, identification du leadership, restructuration de la gouvernance, utilisation d’outils financiers et analyse du marché.

En Belgique, Peter Bosmans (Febecoop) a souligné la nécessité d’une propriété démocratique structurée. Les travailleurs doivent être préparés à siéger dans les conseils d’administration, ce qui nécessite une formation en matière de gouvernance, de leadership, de ressources humaines, de marketing, de communication et de gestion collaborative. Alors que les WBO restent rares en Belgique, M. Bosmans a appelé à un changement de mentalité au-delà des modèles traditionnels de capital-travail.

Principaux enseignements

  • Les lacunes juridiques, le financement limité et le manque de sensibilisation restent des obstacles majeurs dans toute l’UE.
  • En Italie, le modèle WBO, qui existe depuis longtemps, affiche des taux de survie élevés et permet de préserver les emplois.
  • Les rachats d’entreprise par les travailleurs offrent une solution durable à la succession des entreprises dans les sociétés vieillissantes, mais seulement si les travailleurs sont responsabilisés, formés et soutenus.
  • Des projets tels que REWIND sont essentiels à l’intégration des WBO en tant que modèle d’entreprise viable, démocratique et inclusif.
  • Une plus grande visibilité, une plus grande clarté juridique et un changement de mentalité sont nécessaires pour développer les WBO en Europe.          

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