
Le Martens Centre for European Studies vient de publier une nouvelle étude intitulée « Working Migrants – Valued for Their Economic Contribution », qui apporte un éclairage précieux sur la manière dont les citoyens européens perçoivent les travailleurs migrants. Réalisée en novembre 2025 dans sept pays de l’UE (France, Allemagne, Italie, Pologne, Roumanie, Espagne et Suède), cette enquête s’intéresse aux représentations sociales et aux attentes des Européens face à l’immigration de travail—un enjeu central pour le secteur social et les organisations engagées dans les politiques d’intégration.
Une perception plus positive qu’on pourrait le croire
L’une des principales conclusions de l’étude est que les travailleurs migrants sont, dans l’ensemble, considérés de manière positive. Malgré des débats souvent polarisés, les citoyens interrogés distinguent clairement les “migrants en général” des migrants qui travaillent, auxquels ils attribuent une contribution significative au fonctionnement des économies européennes.
Les participants reconnaissent notamment :
- Leur apport au marché du travail et aux services publics,
- Leur rôle dans la diversité culturelle,
- Leur participation aux systèmes fiscaux et sociaux,
- Leur importance dans des secteurs essentiels touchés par des pénuries de main-d’œuvre.
Une réponse au vieillissement démographique
Dans un contexte de vieillissement démographique, les répondants voient largement l’immigration de travail comme un moyen de soutenir la durabilité des systèmes sociaux. Pour le secteur social européen, ces résultats confirment l’importance d’intégrer l’enjeu migratoire dans les réflexions sur l’avenir des services publics et du marché du travail.
Un large consensus émerge en faveur de politiques d’immigration orientées vers les besoins des secteurs en tension. Les citoyens se montrent ouverts à la fois à l’arrivée de nouveaux travailleurs qualifiés et à la montée en compétences des migrants déjà présents en Europe. Ces résultats offrent des perspectives utiles pour les organisations impliquées dans l’accompagnement et l’intégration professionnelle.
Un débat ouvert sur la gouvernance
Enfin, l’étude révèle des divergences entre États membres quant au niveau où doivent se prendre les décisions en matière d’immigration de travail : certains privilégient l’échelon européen, d’autres défendent une approche nationale. Ce débat reste central pour les acteurs sociaux engagés dans les politiques d’intégration et de cohésion.
- La France et l’Italie privilégient une approche européenne,
- Tandis que la Pologne, la Roumanie ou l’Espagne défendent davantage une gestion nationale.
Ce débat reflète un enjeu structurel auquel les réseaux sociaux européens sont particulièrement attentifs : comment concilier coordination supranationale et réalités locales ?
Une étude utile pour le secteur social
Même si l’échantillon n’est pas représentatif statistiquement, le rapport offre des indications précieuses sur l’évolution des représentations sociales et les attentes citoyennes. Les organisations du secteur social y trouveront :
- des arguments pour défendre des politiques d’intégration ambitieuses,
- des données utiles pour comprendre les perceptions du public,
- des pistes pour mieux adapter leurs actions et messages,
- des éléments pour dialoguer avec les institutions européennes sur l’immigration de travail, la formation, l’inclusion et la cohésion sociale.
Conclusion
Cette nouvelle étude met en évidence un paysage d’opinions plus nuancé et positif qu’attendu. Elle rappelle aussi l’importance d’investir dans des politiques d’intégration, de formation et de coordination au niveau européen — des chantiers sur lesquels les organisations sociales ont un rôle majeur à jouer.
Plus d’infos ici



