
En juin 2026, le CEC a réuni des représentants des institutions européennes, des membres de son réseau ainsi que des organisations actives dans les domaines de l’inclusion sociale, de l’éducation, de l’emploi, des migrations et de la lutte contre la pauvreté.
Les échanges ont porté sur trois priorités majeures pour le réseau : l’avenir du programme Erasmus+ au-delà de 2027, la stratégie européenne de lutte contre la pauvreté et l’avenir du Fonds social européen plus (FSE+) dans le cadre du prochain budget à long terme de l’UE. Les participants ont également souligné l’importance de garantir des financements européens stables et accessibles pour soutenir l’inclusion sociale et les organisations qui œuvrent sur le terrain.
Erasmus+ au-delà de 2027 : renforcer l’inclusion et l’accessibilité

Les discussions avec la DG EAC ont notamment porté sur la proposition de la Commission européenne concernant le futur programme Erasmus+. Cette proposition prévoit un budget d’environ 41 milliards d’euros, soit une augmentation significative par rapport au programme actuel.
La mobilité devrait rester au cœur d’Erasmus+, aux côtés des projets de coopération, du volontariat, des actions de solidarité et du soutien à l’élaboration des politiques. La proposition prévoit également l’intégration du Corps européen de solidarité dans Erasmus+ ainsi que le renforcement des synergies avec d’autres instruments de financement de l’UE.
L’inclusion et la diversité demeurent des priorités essentielles. La Commission envisage notamment de renforcer le soutien aux personnes ayant moins d’opportunités, tout en reconnaissant les ressources supplémentaires nécessaires aux organisations qui accompagnent des publics vulnérables avant, pendant et après les activités de mobilité.
L’amélioration de l’accès aux financements pour les petites organisations a également occupé une place importante dans les discussions. Parmi les propositions actuellement à l’étude figure la réduction du montant minimum des subventions accordées dans le cadre des partenariats à petite échelle. Une telle mesure pourrait faciliter la participation des organisations de terrain au programme.
Les participants ont également insisté sur la nécessité de mieux prendre en compte l’impact plus large des projets Erasmus+, notamment les effets qui dépassent les objectifs initialement fixés. Il peut s’agir, par exemple, d’un gain de confiance en soi, de la création de nouveaux partenariats, d’une réinsertion sociale ou encore du développement de nouvelles initiatives.
Vers une nouvelle stratégie européenne de lutte contre la pauvreté

La deuxième session a été consacrée à l’avenir de la stratégie européenne de lutte contre la pauvreté, présentée par la DG EMPL.
Les échanges ont souligné l’importance d’adopter une approche multidimensionnelle de la pauvreté. Celle-ci ne se résume pas au revenu : elle est étroitement liée à l’accès à l’emploi, à l’éducation, aux compétences, au logement, aux soins de santé et aux services sociaux. La stratégie proposée s’inscrit ainsi dans une approche d’inclusion active et prend en compte les différentes étapes du parcours de vie.
La lutte contre la pauvreté des enfants, l’accès aux services essentiels et la Garantie européenne pour l’enfance figurent également parmi les principales priorités. Le logement constitue une autre préoccupation majeure. L’attention ne porte plus uniquement sur le sans-abrisme, mais également sur la précarité résidentielle et les difficultés rencontrées par de nombreuses personnes pour accéder à un logement stable, décent et adapté à leurs besoins.
La future Coalition contre la pauvreté a également été présentée comme un moyen de renforcer la coopération entre les pouvoirs publics, la société civile, les acteurs de l’économie sociale, les entreprises, les fondations et les autres parties prenantes. L’un de ses objectifs sera notamment d’identifier les pratiques efficaces développées au niveau local, puis d’en favoriser la diffusion et la généralisation.
Mesurer l’inclusion au-delà de l’emploi
Un autre message fort issu des discussions concerne la manière dont les résultats des politiques d’inclusion sont évalués.

Les participants ont souligné que l’emploi ne peut constituer le seul indicateur de réussite. Pour les personnes confrontées à des obstacles multiples et complexes, les progrès peuvent également se traduire par une plus grande stabilité, un meilleur accès à la formation, une orientation et un accompagnement renforcés, une plus grande confiance en soi ou encore la reconstruction des liens sociaux.
Cette réalité appelle un accompagnement individualisé et inscrit dans la durée, qui tienne compte des différentes dimensions de la situation des personnes : logement, santé, situation familiale, endettement, démarches administratives, etc.
Les participants ont donc appelé à faire évoluer les indicateurs et les mécanismes de financement afin qu’ils reflètent davantage la complexité des parcours d’inclusion, plutôt que de se concentrer exclusivement sur les résultats immédiats en matière d’emploi.
Préserver un FSE+ fort et autonome
L’avenir du Fonds social européen plus (FSE+) a également été abordé avec la députée européenne Idoia Mendia.

Les participants ont examiné la proposition de la Commission visant à intégrer le FSE+ dans les plans de partenariat nationaux et régionaux. Des inquiétudes ont été exprimées quant au risque de voir les financements consacrés aux politiques sociales devenir moins prévisibles et davantage tributaires des priorités nationales.
Le maintien d’un FSE+ fort et autonome, doté d’un budget dédié à l’emploi, à l’inclusion sociale et à la lutte contre la pauvreté, a été considéré comme indispensable pour garantir des investissements sociaux durables sur le long terme.
Les expériences partagées par les participants ont également mis en évidence l’importance d’un financement européen stable. Celui-ci permet aux autorités locales et aux organisations de la société civile de développer des partenariats durables et d’assurer un accompagnement de long terme auprès des personnes.
Dans ce contexte, Erasmus+ et le FSE+ apparaissent comme deux instruments complémentaires : Erasmus+ favorise l’apprentissage, les échanges et l’innovation, tandis que le FSE+ permet de déployer et de pérenniser les initiatives dont l’efficacité a été démontrée.
Renforcer le dialogue entre l’Europe et le terrain
La dernière session a été consacrée aux priorités en matière de plaidoyer et à la nécessité de renforcer les liens entre les organisations de terrain et les processus décisionnels européens.

Le CEC joue un rôle essentiel dans cette dynamique en portant les préoccupations, l’expertise et l’expérience de ses membres auprès des institutions européennes. Les participants ont néanmoins souligné que ce dialogue doit également s’appuyer sur les réseaux locaux, régionaux et nationaux.
Ces deux journées d’échanges ont fait émerger plusieurs priorités communes : la nécessité de disposer de financements européens stables et accessibles, une meilleure reconnaissance de la complexité des parcours d’inclusion, le rôle essentiel des organisations de terrain et la nécessité de trouver un juste équilibre entre simplification administrative, transparence et responsabilité.
Pour le CEC, ces échanges constituent une nouvelle étape dans son travail de plaidoyer en faveur d’une Europe qui investit dans l’inclusion sociale, l’accès aux droits et la dignité de chaque personne.
Le message qui ressort de ces deux journées est clair : alors que l’Europe poursuit sa transformation, il est essentiel de maintenir un dialogue étroit avec les décideurs politiques, de renforcer la collecte de données et de mieux valoriser l’expertise des organisations qui travaillent au plus près des réalités du terrain. Ces perspectives sont indispensables pour faire en sorte que l’inclusion sociale reste au cœur de l’avenir de l’Europe.



